
Réservé aux membres du RedWing club, c’est-à-dire les propriétaires d’une Honda, il n’y avait qu’une Ducati d’un client qui a acheté une CBR pour la piste pour diversifier le parc. Dès qu’il est question de voyager, les Goldwing sont forcément présentes, avec les Pan European. Il y a aussi un grand nombre de VFR1200, boîte manuelle ou DCT, ainsi que des Crossrunner. Personnellement, j’ai bien fait le voyage en Honda, mais en Insight. Vous n’avez pas manqué une nouveauté, c’est une voiture. Je me sentais pas le courage de faire toute la route en CBR250 ou en moto bridée.
Place au résumé journalier, plus ou moins détaillé et imagé.
Le groupe des motards a décidé d’ignorer les autoroutes pour passer sur des petites routes sinueuses. De mon côté, je vais faire le touriste et demande à Coralie (la fille qui habite dans le GPS) de m’amener au centre ville de Luxembourg.
La cité historique est assez belle, plein de petites rues pavées. Que dire de plus ? Je n’en sais rien, je ne suis pas un bon touriste de vieilles pierres. Il se fait faim, je m’installe dans un restaurant et, à ce moment, le déluge commence. Des trombes d’eau s’abattent sur le secteur. Tous les client qui entrent à présent ont les cheveux collés au visage. De ma banquette, je pense aux deux-roues qui doivent prendre une rincée. Je rigole pas, je dois retourner à la voiture sans parapluie.
Le soir a lieu l’accueil des participants dans un bar branché de Gent, suivi d’un repas où les grandes tablées ont profité du repas pour faire connaissance.
Cette centrale joue tout d’abord un rôle pour les voitures. En effet, les véhicules destinés à l’Europe sont déchargés du bateau puis placés en attente sur les énormes parking. Une fois que le véhicule est commandé par un importateur, la voiture est lavée et inspectée sous tous les angles. C’est aussi à ce moment-là que sont installées certaines options, notamment l’attelage. A Gent, il y a aussi les pièces détachées pour tout le continent, ainsi que tous les Power Equipment et les moteurs industriels. Une pièce non disponible chez un garagiste Honda en Suisse est normalement envoyée en 24h depuis Gent.
Pour les motos il y a bien un stock de véhicules, mais le marché suisse n’est pas desservi depuis la Belgique. Les motos suisses sont livrées depuis l’Italie. La dernière fonction est d’abriter le réseau informatique européen de Honda. Tout ce qui se fait en ligne dans un garage va passer par ici.
Ce soir-là, tout le groupe a rendez-vous à Nunspeet (Pays-bas) dans un charmant Hôtel Restaurant. Il faut parcourir environ 250km et, malheureusement, c’est encore une fois avec la pluie. De mon côté, j’ai joué de malchance dans ma voiture et suis arrivé sur place avec une heure de retard. Serait-ce le prix pour voyager au sec ?
Pour faciliter les visites, les deux groupes romands ont commencé par l’atelier de Ten Kate alors que les Suisses-allemands se sont rendus chez Arai. Vers midi, les groupes se sont croisés pour que chacun puisse profiter des lieux.
N’ayant peur de rien, je me suis caché dans le groupe des Suisses-allemands. Tout le monde se rend chez Arai à Hoeverlaken (Pays-bas), mais nous ne sommes pas attendus au bâtiment avec la grande enseigne Arai. Nous sommes bien vite aiguillés dans un genre de grange rénovée perdue au bout d’une route étroite. Ici se cache en fait le « Arai Inspiration Center ». La grande pièce a les murs ornés de centaines de casques accidentés qui ont été analysés pour améliorer les produits. Il y a aussi d’étranges machines de torture pour casques. Les fameux appareils qui servent à faire les mesures d’homologation d’un casque.
A l’arrière se trouve une petite salle de conférence où nous a été expliquée en détails la construction d’un casque Arai. A renfort de casques de marques concurrentes maltraitées, la théorie de meilleur concept de protection d’Arai fait son chemin. J’avais déjà été instruit de cette différence, je ne vais donc pas me lancer dans les mêmes propagandes.
En seconde partie de visite nous ont été présentées les différences entre la norme ECE 2205 (obligatoire pour vendre un casque en Europe, mais selon Arai pas assez sûre) et la norme Snell (norme plus exigeante et aléatoire). La norme européenne demande une chute sur cinq points précis, alors que Snell fait deux chutes consécutives sur cinq points placés aléatoirement dans une zone assez grande du casque (zone définie par la norme). Ce qui manque à ECE2205, selon Arai, seraient des tests de pénétration, danger qui peut se présenter assez souvent lors d’un accident (cale pied, débris, etc.)
J’ai ensuite passé l’après-midi chez Ten Kate. Le plus grand agent exclusif Honda des Pays-bas qui court aussi en Superstock 600, 1000, Supersport et Superbike. A l’arrière du showroom et de l’atelier, on trouve un centre de développement complet pour la compétition. Alors que l’équipe avait commencé par les motos de MX, ils sont passés à la piste dans les années 90.
Petit à petit, ils se sont imposés comme sérieux concurrent dans leurs catégories. A côté de cela, ils ont continué à faire des préparations spéciales pour les clients, ainsi que du développement pour Honda directement. En début de saison, chacun peut acheter la moto qui sera roulée par un pilote et, tout le long de la saison, vous pourrez faire évoluer votre machine avec leur aide, pas question par contre de faire évoluer les motos concurrentes simultanément.
Dans un premier atelier se fait l’équilibrage moteur. Quelques blocs neufs sont entièrement démontés pour que chaque pièces soit pesée une à une pour grouper celles dont le poids est le plus proche. A côté sont développées les motos des clients ainsi que les suspensions (en collaboration avec Öhlins).
On passe maintenant dans du plus secret, à commencer par le banc de puissance. Celui-ci est dans une pièce qui peut largement monter en température, 40°C pour simuler en plein hiver une course à Phillip Island. Nous passons devant les locaux des trois ingénieurs data : chaque moto contient jusqu’à 36 points de mesures. Un pilote qui va lentement et se plaint d’un souci mécanique inexistant va sûrement se prendre un royal pied aux fesses avec pour seuls instructions d’ouvrir les gaz au prochain tour. Le tour se termine par l’atelier où travaillent 10 mécaniciens pour 8 motos: 3 pour 2 Superbike et 2 par paire de Supersport.
A chaque week-end de course, ce sont cinq semi-remorques qui se déplacent depuis les Pays-bas, dont le Motorhome le plus haut du paddock. C’est d’ailleurs lui qui part le lundi d’avant la course, suivi le mardi par du matériel et le mercredi par le reste ainsi que les pilotes. Jeudi, vendredi, samedi, dimanche se déroule toute la course et, aux environs de 19h, le dimanche, le premier camion prend déjà la route pour rentrer aux Pays-Bas.
Je résume rapidement le GP, même si c’était le but de l’étape, je pense pas que ce soit le plus marquant. Pour aller à un GP, il faut être, selon moi, très passionné. Pour avoir une chance de voir la course et de connaître les résultats finaux, il faut acheter une place en tribune; mais j’ai aussi découvert qu’il est possible d’acheter un passe d’accès au paddock Moto2 ainsi que Moto2 + MotoGP.
Ces deux cartes permettent d’ailleurs d’approcher la piste de très près. Un régal pour les photos et pour baigner dans le bruit des motos. L’inconvénient est de ne pas souvent voir les écrans géants et, surtout, de ne pas connaître le résultat final à moins de reconnaître les pilotes qui sortent de la première courbe au tour d’honneur.
Selon moi, la vraie attraction du Grand Prix est toute l’animation que produit les motards passionnés qui se déplacent. Selon les autres médias, ce ne sont pas moins de 200’000 motards qui convergent vers le circuit le plus fréquenté du championnat. Pour accéder au circuit, quatre sorties d’autoroute sont spécialement marquées, dont une pour les motos. Dans ma conserve (terme affectueux, je l’ai bien aimée cette voiture !), j’ai fait 3km de bouchon sur la bande d’arrêt d’urgence, à une vitesse moyenne de 4.5 km/h, pour atteindre la bretelle. Le trafic était ensuite fluidifié par des agents et des routes transformées en sens unique: on sent l’habitude !
A la fin du Grand Prix, tout le monde retourne à son véhicule puis se met en chemin de l’autoroute. Les sens uniques ont maintenant changé de sens, des chemins à travers des champs ont été aménagés pour avoir plus de routes d’évacuation. Suivant le flot de véhicules, je passe sur un pont qui enjambe l’autoroute. Sur celui-ci quelques personnes saluent les motards qui passent. Je m’arrête pour prendre des photos du mouvement, illustration intéressante.
En dessous de nous passent un nombre incroyable de motos, un flot quasi ininterrompu de passionnés qui répondent aux saluts des gens. Je remonte en voiture puis continue ma route. Chemin faisant, je vois quelques pères avec leurs enfant qui vont en bout de chemins agricoles pour regarder les motos passer. Un peu plus loin, ce sont plusieurs familles avec chaises de camping. Jusqu’au moment où je passe sous un pont noir de monde et où les gens sont même descendus s’asseoir sur les glissières de sécurité de la bande d’arrêt d’urgence en contre-bas du pont: de la folie ! En Suisse, les gens vont attendre au bord de la route pour voir un tour cycliste, alors que les habitants de la région d’Assen se massent sur les bords de l’autoroute pour regarder les motards rentrer chez eux. Ce fut exceptionnel pour moi d’y participer, j’espère le refaire à moto !
Pour passer la nuit, le staff rejoint un Hôtel en Allemagne, 6e pays du voyage, à environ 250km d’Assen. Peu avant la frontière allemande, la Police néerlandaise fait une opération coup de point en forçant tous les usagés à passer dans une aire de repos pour un contrôle d’alcoolémie. Plus radical, il n’y a pas; avec les salutations du Royaume des Pays-Bas, faites bon voyage en Allemagne !
Ce dernier jour sera exclusivement consacré à rouler. Il faut faire 774km et cette fois, je décide d’essayer de suivre le groupe de motard, je pourrai ainsi les aider en cas de panne sèche. Les autoroutes allemandes n’ont pas toujours un très bon revêtement, mais au moins le trafic est fluide. Il ne me semble pas être resté bloqué derrière un âne garé sur la voie de dépassement.
Il fallait aussi s’y attendre, on commence à tirer la bourre sur les portions non limitées. Je découvre que la Insight ne peut pas aller plus vite que 170km/h, en consommant alors 7l par 100km ! Peu à peu, certains motards quittent le groupe pour rejoindre le Tessin ou la Suisse allemande, et je finirai par saluer tout le monde vers Berne pour rejoindre mon chez moi.
Eh bien, surtout l’occasion unique de visiter des lieux assez fermés, notamment le centre d’inspiration Arai ou l’atelier Ten Kate qui ne se visitent pas sur une simple demande. Mais, je dirai aussi de passer du temps avec des passionnés de toute la Suisse, par exemple lors des repas communs. Comme toujours, il y aura un groupe de Valaisans prêts à mettre de l’ambiance, comme chanter lors du dernier repas et inviter les Suisses-allemands à en faire autant: un très grand moment de rires !
Tout a parfaitement été organisé, aucun problème de nombre de personnes à table, aucune visite qui prend beaucoup de retard: second Back To The Roots oui, mais pas aux mêmes endroits, c’est donc une nouvelle organisation à chaque fois. Si vous êtes membre RedWing, je vous suggère d’être attentif à la 3e édition et de vous y inscrire si votre emploi du temps le permet. Cela demande de l’organisation personnelle pour trouver son Hôtel à proximité des étapes du programme, mais de nos jours, avec Internet, ce n’est pas ça qui doit vous retenir !
A l’année prochaine, donc !